Arrivée tardive au Sambre pour le concert de Wine qui n’est pourtant pas commencé lorsque je descends l’étroit
escalier menant à la salle. En profitant pour me dégotter une place tranquille, j’assiste aux déboires des techniciens chargés de changer le plateau. Entre problèmes de son et manque de retour,
les spectateurs en profitent pour arriver en masse et se tasser. Puis, après un dernier problème de jack, la formation prend place et nous livre son morceau d’introduction, prélude lancinant au
concert. Par la voix de la chanteuse, scandant des paroles où les mots perdent de leur importance tout en gardant leur force évocatrice, par de petites touches successives, tantôt des riffs de
guitare traînant, tantôt des notes égrenées sur le clavier, il se crée un effet quasi hypnotique qui mène la salle vers un ailleurs évoquant les grandes plaines américaines.
Chaque morceau me permet de m’enfoncer d’avantage dans cette illusion qui se tisse sous mes oreilles, m’éloignant toujours un peu plus de cette salle, les gens s’effacent peu à peu autours de moi pour laisser place à la seule musique et à cette voix qui sans cesse répète les même paroles, je suit ses tribulations acoustiques. La voix perd de sa force, susurre encore quelques mots, les dernières notes planent encore quelques instant dans les airs, puis le silence, rapidement brisé par le public qui reprend dès lors ses droits.
Vient le moment de partir. La tête encore pleine d’images, les oreilles pleines de sons, je
marche vers la sortie, vers le froid et l’agitation, loin de cet îlot de tranquillité au sein du quel j’étais, et qui déjà s’estompe.
Crédits: K-J Gainche et Mehdi Drouillon
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