Je 04/Ve 05/Sa 06
Vendredi 05
Jeudi 04
Arrivée tardive au Sambre pour le concert de Wine qui n’est pourtant pas commencé lorsque je descends l’étroit
escalier menant à la salle. En profitant pour me dégotter une place tranquille, j’assiste aux déboires des techniciens chargés de changer le plateau. Entre problèmes de son et manque de retour,
les spectateurs en profitent pour arriver en masse et se tasser. Puis, après un dernier problème de jack, la formation prend place et nous livre son morceau d’introduction, prélude lancinant au
concert. Par la voix de la chanteuse, scandant des paroles où les mots perdent de leur importance tout en gardant leur force évocatrice, par de petites touches successives, tantôt des riffs de
guitare traînant, tantôt des notes égrenées sur le clavier, il se crée un effet quasi hypnotique qui mène la salle vers un ailleurs évoquant les grandes plaines américaines.
Chaque morceau me permet de m’enfoncer d’avantage dans cette illusion qui se tisse sous mes oreilles, m’éloignant toujours un peu plus de cette salle, les gens s’effacent peu à peu autours de moi pour laisser place à la seule musique et à cette voix qui sans cesse répète les même paroles, je suit ses tribulations acoustiques. La voix perd de sa force, susurre encore quelques mots, les dernières notes planent encore quelques instant dans les airs, puis le silence, rapidement brisé par le public qui reprend dès lors ses droits.
Vient le moment de partir. La tête encore pleine d’images, les oreilles pleines de sons, je
marche vers la sortie, vers le froid et l’agitation, loin de cet îlot de tranquillité au sein du quel j’étais, et qui déjà s’estompe.
Crédits: K-J Gainche et Mehdi Drouillon
Je passe pour la deuxième fois en deux jours la porte du Dejazey sans savoir à quoi m’attendre. La salle archi-bondée, outre le fait de m’apporter une chaleur bienvenue,
me laisse à penser que l’artiste est attendu. Réussissant à me faufiler jusqu’au bas de la volée de marches séparant les deux salles, j’arrive à me hisser, tout en luttant avec un équilibre
précaire du à la proximité des dites marches, jusqu’au lieu du concert. Là j’aperçoit la chanteuse et unique membre du groupe, accompagnée d’un percussionniste pour l’occasion, qui s’apprête à
entamer sa prestation. Plaisantant avec son public, donnant des indications sur l’histoire de ses compositions, la demoiselle fait preuve d’une grande simplicité, qui se ressent d’ailleurs dans
chacun de ses titres.
Usant de sa guitare comme un support pour sa voix suave et sensuelle, empreinte par moment d’un chouïa de raucité, il est difficile de résister à son charme. Passant tour à tour de mélodies joyeuses et primesautière à des balades plus calmes, tendant parfois vers des sons organiques évoquant la nature, elle raconte des histoires dans les quelles on se laisse volontiers embarquer. Petites anecdotes du quotidien, inspirée d’éléments aussi divers qu’une session d’ouverture des chakras ( ?), et réflexions un peu plus intimistes s’enchaînent alors sous l’oreille d’un public conquis.
En sa compagnie, le temps passe vite, trop vite à mon goût, et lorsqu’elle nous annonce que vient son dernier titre, qui par une étrange coïncidence se nomme « I’m gonna leave you », j’aimerai que cela ne soit pas déjà fini et que nous puissions rester là, ensemble. Trop tard, je n’ai plus qu’à repasser la porte et regagner le froid mordant de l’extérieur.
Crédits: K-J Gainche et Mehdi Drouillon
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